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Château d'Ingrandes dans l'Indre

Patrimoine classé
Patrimoine défensif
Demeure seigneuriale
Château fort

Château d'Ingrandes

    Place de l'Église oe
    36300 Ingrandes
Propriété privée
Château dIngrandes
Château dIngrandes
Château dIngrandes
Crédit photo : Phdrouart - Sous licence Creative Commons

Frise chronologique

Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1100
1200
1500
1600
1700
1800
1900
2000
XIe siècle
Origines présumées
XIVe-XVe siècles
Reconstruction médiévale
1626
Démilitarisation partielle
1698
Construction du logis
1734
Vente du domaine
1987-2020
Protection et restauration
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Toutes les parties bâties du château et tous les sols correspondant à son assiette foncière, tels que représentés sur le plan annexé à l'arrêté, et figurant sur le plan cadastral, section A, sur la parcelle n°676, située au lieu-dit "Le Bourg" et 2 route Nationale : inscription par arrêté du 18 août 2020

Personnages clés

Bertrand du Guesclin - Connétable de France Prise du château lors de la guerre de Cent Ans.
Henri IV - Roi de France Offrit le château à Antoine d’Aloigny.
Marie-Henriette d’Aloigny - Noble intrigante Exilée à Ingrandes, bâtit logis et église.
Claude Dupin - Fermier général Acquéreur en 1739, grand-père de George Sand.
Alain et Jacqueline Drouart - Restaurateurs (1982-2020) 35 ans de travaux, reconstruction du hourd.

Origine et histoire

Le château d'Ingrandes, situé dans le département de l'Indre, fut probablement construit au XIe siècle sur les ruines d’un castrum romain dominant la voie reliant Bourges à Poitiers. Son emplacement stratégique, défendu par la vallée de l’Anglin et des fossés (aujourd’hui disparus), en fit une forteresse clé pendant la guerre de Cent Ans. Bertrand du Guesclin, traversant la région pour reprendre Poitiers aux Anglais, s’empara rapidement des places fortes bordant l’Anglin, alors sous contrôle aquitain via Aliénor d’Aquitaine.

Reconstruit aux XIVe et XVe siècles, le château conserve des éléments architecturaux marquants, comme des charpentes datées de 1465 (dont l’enrayure d’une tour à hourds, reconstituée en 2005). Henri IV s’en empara durant ses campagnes contre la Ligue et l’offrit à Antoine d’Aloigny, seigneur du Blanc, en récompense de son soutien. Les tours en poivrière furent tronquées au XVIIe siècle, conformément aux décrets royaux de 1626 visant à désarmer les places-fortes.

Au XVIIIe siècle, Marie-Henriette d’Aloigny, exilée de Versailles pour intrigues (mentionnée par Saint-Simon), y fit bâtir un logis et l’église du village (1698). Vendu en 1734, le domaine passa entre les mains du fermier général Claude Dupin, grand-père de George Sand, avant d’être exploité comme ferme jusqu’aux années 1970. Les ruines, acquises en 1982 par Alain et Jacqueline Drouart, furent restaurées pendant 35 ans : le donjon (1995), le logis du XVe siècle (1992), et un hourd en bois (2005), unique en région.

L’architecture reflète le plan philippien : donjon circulaire, quatre tours d’angle reliées par des courtines, et un escalier central desservant les niveaux. Le site, inscrit aux Monuments Historiques en 1987 (étendu en 2020), abrite aujourd’hui des chambres d’hôtes et s’ouvre au public l’été, perpétuant la mémoire des Drouart. Les vestiges incluent des murs d’enceinte, le donjon ovale, et des communs du XVe siècle, complétés par un logis du XVIIe remanié au XIXe.

La région, à la frontière du Poitou et du Berry, fut un carrefour stratégique dès l’Antiquité. Le château, témoin des conflits médiévales et des transformations architecturales (meurtrières adaptées aux armes à feu, percements du XIXe siècle), illustre l’évolution des forteresses en résidences seigneuriales. Proche de l’abbaye de Saint-Savin (UNESCO) et du parc naturel de la Brenne, il s’inscrit dans un patrimoine riche en édifices romans et paysages d’étangs.

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